Correspondantes le temps de deux semaines, Fanny et Lena sont des adolescentes en pleine construction de leur identité. Identité bien affirmée pour Lena, la jeune Allemande est prise pour modèle par Fanny, depuis son style vestimentaire jusqu'à son engagement politique.
Le film met à profit cet échange linguistique pour parler des échanges interculturels et personnels entre les deux cultures. Il est le prétexte idéal pour ouvrir le film à une perspective franco-allemande, transnationale, sur des grands thèmes qui traversent notre société comme l'éducation, le vivre-ensemble et la montée des extrêmes politiques. Le film saura parler aux initiés des échanges culturels qui sont nombreux entre la France et l'Allemagne et plus généralement au sein de l'UE avec le programme Erasmus+. Il donne un beau rôle à la langue allemande, dont certains mots ne trouvent pas de traduction aussi puissante et convaincante en français, comme le mot de "Heimweh" (le mal du pays).
Différentes sur bien des aspects, les deux jeunes femmes sont similaires dans leur expérience difficile des relations familiales.
Aligné avec les préoccupations des jeunes du 21ème siècle pour le climat et la justice sociale, il introduit aussi avec plus ou moins de subtilité le sujet de la santé mentale des jeunes, avec Fanny en proie à de l'anxiété et à une spirale de mensonges, qui cache une grande détresse.
Un film sans grande surprise mais avec une beauté sincère.