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Le premier projet de fiction de Malek Bensmaïl a connu bien des vicissitudes : il a fallu 10 ans au réalisateur algérien, connu pour ses documentaires, pour démarrer le tournage, avant que le film ne soit interrompu à trois reprises, pour des raisons diverses, entre autres la covid et le décès de l'un de ses personnages principaux. L'Arabe est librement inspiré du livre de Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête, qui était lui-même une relecture de L'Étranger de Camus. On y voit l'écrivain, au milieu de la trop célèbre décennie noire, engagé dans de longs échanges avec un vieil homme qui se prétend le frère du jeune homme assassiné en 1942 dans le roman de Camus. C'est un prétexte pour raconter plus d'un demi-siècle d'histoire algérienne, des années de colonisation aux années 90, en passant par l'indépendance, à la recherche de l'identité d'un pays, secoué à intervalles réguliers par la violence. Le film assume son aspect pédagogique, mais ne dédaigne pas un fort côté romanesque, avec des personnages puissants, au rang desquels, ce ne sera une surprise pour personne, Hiam Abbass éclabousse le reste du casting de son immense talent. Peut-être légèrement inégal dans son propos, à cause de sa difficile recherche d'équilibre entre les différentes époques, L'Arabe séduit par sa volonté sereine de rechercher des vérités dans la douloureuse histoire nationale.
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