Quelque part, d'un pont suisse, une femme tombe à l'eau. Et qu'est-ce qu'il reste ? Pas mal d'interrogations sur la signification de ce geste et sur ses conséquences, que Las Corrientes s'ingéniera à ne pas nous expliquer. La cinéaste suisse-argentine Milagros Mumenthaler, qui tourne vraiment très peu, trois longs métrages en quatorze ans, au-delà d'une certaine opacité volontaire de son scénario, séduit par sa mise en scène élégante, marquée par l'attention à mille détails, et par son portrait émouvant d'une femme hydrophobe, qui semble perdre les pédales. Elle a pourtant tout pour être heureuse, cette styliste de 34 ans qui paraît avoir réussi aussi bien sa vie professionnelle que privée. Sauf que quelque chose cloche chez elle et cela a peut-être à voir avec son passé, mais peu d'indices nous sont révélés. Qu'importe, au fond, puisque c'est justement ce mystère qui rend le film passionnant et imprévisible, y compris quand il fait un pas de côté, pour un temps, en quittant son énigmatique héroïne. Celle-ci est interprétée par la remarquable actrice argentine Isabel Aimé Gonzalez-Sola qui vit en France depuis plusieurs années. Son visage est sans cesse traqué par sa réalisatrice et on peut y lire tous les sentiments du monde, sans jamais percevoir les secrets de son personnage.

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le 27 sept. 2025

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