Last Days Here de Don Argott et Demian Fenton m’a profondément remué. Plus qu’un simple portrait de musicien, c’est une plongée brute dans la descente aux enfers — et la lente remontée — de Bobby Liebling, chanteur culte du groupe Pentagram. Je lui attribue un 8/10, porté par l’émotion et la sincérité de son récit.
Le documentaire frappe fort par son regard sans concession mais jamais cruel. Bobby, rongé par la dépendance, est filmé avec une honnêteté rare : ni icône ni monstre, juste un homme brisé, vacillant entre folie et lucidité. La force du film réside dans cette humanité touchante, loin des clichés du rock déchu.
J’ai été particulièrement sensible à la construction narrative : fluide, vivante, rythmée par des allers-retours entre passé et présent. Elle accompagne le spectateur dans les méandres d’une vie fracassée, sans jamais l’égarer. La musique, quant à elle, n’est pas qu’un décor — elle incarne la mémoire, la douleur et l’espoir.
Si le film frôle parfois l’oubli de ses personnages secondaires, cela n’enlève rien à la puissance de l’ensemble. Last Days Here touche, dérange, mais surtout, il reste. C’est un film sur la survie, aussi chaotique qu’un riff de doom, aussi fragile qu’un dernier souffle.