La réalisatrice de Last Shadow at First Light, Nicole Midori Woodford, explique que l'idée de départ de son film lui est venue suite à la confidence de sa grand-mère, qui avait raté son train pour Hiroshima, un certain 6 août 1945. Il n'est cependant pas question ici du largage de la bombe atomique, mais d'un autre traumatisme japonais : le tsunami de 2011. Ce qui intéresse la réalisatrice singapourienne, c'est le sentiment de culpabilité des vivants qui n'ont pas pu ou pas su protéger leurs proches. Le thème est traité de manière délicate et sophistiquée et peut-être un peu trop alambiquée et opaque, même si l'initiale brume scénaristique du film se lève peu à peu, au fil des minutes, fort heureusement. Reste que nombre de situations sont flottantes, tant il est souvent difficile de faire la différence entre scènes réelles et oniriques. Last Shadow at First Light est à la fois un film de fantômes et un récit d'apprentissage pour une adolescente, avec son mal de mère. C'est aussi un road trip au nord du Japon, avec une philosophie synthétisable en une seule phrase, prononcée assez tôt dans le film ; "Tu existes tant que quelqu'un se souvient de toi." Pour développer cette idée, Nicole Midori Woodford a eu 110 minutes, parfois nébuleuses, parfois envoûtantes, à l'instar de ses très originaux (et inutiles ?) effets spéciaux.

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le 3 juil. 2024

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