Après le très raté Cézanne et moi que j'ai vu récemment, j'avoue que ce Lautrec est une vraie cure de Jouvence... Tout ce que le premier faisait à l'économie, celui-ci le propose en version technicolor : nombre de figurants, musique, rythme, costumes, décors, lumières, ils n'ont pas jeté l'argent par les fenêtres ni tout cramé en soirées arrosées, il en reste bien assez pour que l'on voie à l'écran l'ampleur de l'investissement. Et j'aime bien, au cinéma, les signes extérieurs de richesse. Surtout quand ils collent à l'esthétique raffinée de la fin du XIXème siècle. Les gens avaient du goût à l'époque, il n'y a pas à tordre. Un certain goût, bien entendu, mais au moins un goût cinégénique. Autant dire qu'à l'écran, ça en met plein la vue. Pour autant, je ne suis pas fanatique des revues de French cancan, mais dans le tourbillon incessant de cette histoire gaillardement troussée, ça passe sans secousse. Et puis les comédiens s'en donnent à cœur joie (parfois presque trop, si l'on regarde à la loupe la performance de Claude Rich, notamment) et ça procure un inestimable plaisir de cinéphile, ça. En bref, deux bonnes heures dépaysantes, festives et édifiantes, autant ne pas se priver !