Se confronter à de tel monstre du cinéma permet de remettre un certain ordre de qualité notamment dans les propositions actuelles. Tout est presque parfait dans ce monument signé David Lean : le montage est une leçon tout comme l’écriture de tous les protagonistes principaux savamment développés et tous incarné par des gueules (mention spéciale à Alec Guinness en roi Faycal). Les plans du désert demeurent époustouflants, lieu qui va bouffer cet anti-héros au départ idéaliste qui va progressivement developper un orgueil et une fierté à la limite de la folie se prenant pour ce héros prôné par les bédouins alors que le reste vont s’en servir opportunément dans cette guerre au coeur d’un désert permanent défié. L’épilogue est en cela une leçon dans sa façon de casser l’image iconique de cet homme au final pantin. David Lean rappelle constamment la petitesse de l’homme face à ses supérieurs, à l’ordre, à la nature (les plans du désert !!) mais surtout face à la mort ouvrant son film frontalement confrontant son beau dandy à la fatalité.