Le 13e round raconte le combat le plus dur et le plus dramatique qui soit. Face à un tel sujet, le traitement de Mohamed Ali Nahdi, dont c'est le deuxième long métrage, est frontal, non seulement face à la maladie d'un enfant, mais aussi au délabrement du système médical en Tunisie ou encore à la fragilité d'un couple mis à rude épreuve. Le film se situe aux limites du mélodrame, son intérêt venant de son honnêteté et de sa volonté de ne jamais se laisser happer par des sous-intrigues ou des digressions. La boxe, qui est dans l'ADN du père, agit de manière symbolique dans plusieurs scènes qui ajoutent un petit aspect onirique, mais sans véritablement détourner l'attention de la tragédie qui se joue. Outre son caractère social, à travers une famille aux moyens limités, on perçoit également le désarroi d'une grande partie de la population d'un pays qui n'a vu aucune amélioration de sa situation depuis les espoirs déçus des printemps arabes. Focalisé sur son histoire, le film aurait sans doute gagné en densité, s'il avait donné davantage de temps aux personnages du père, et surtout de la mère, ne délivrant qu'un minimum d'informations sur leur passé à chacun et en commun, sauf au détour de quelques scènes bien trop brèves.