Au volant de son autobus de la RATP, Gaston aperçoit sa femme et son amant dans une voiture qu'il prend en chasse.
Dès lors, après un début un peu poussif, la comédie de Léo Joannon n'en finit plus de foncer et de pétarader.
Il y a d'abord cette séquence singulière dans les rues de Paris d'une voiture poursuivie par un bus avec sa poignée de voyageurs qu'on ne quittera plus. Car une fois le bus stoppé en rase campagne, c'est un vaudeville autour d'une auberge qui commence, avec des personnages bigarrés largement farfelus suivant le mode loufoque et échevelé que le scénario de Joannon et Alex Joffé produit.
Le film est, comme on ne disait pas à l'époque, une comédie chorale. Elle est inégale à cause d'un humour et des caractères parfois un peu épais; mais il faut reconnaitre qu'il y a de bonnes idées dans cette bouffonnerie pleine d'incidents (et de protagonistes). Le réalisateur fait souffler un vent de folie et conduit le récit à une cadence infernale, trop peut-être, à considérer que certaines situations sont mal amenées ou dosées. On appréciera en particulier les traits irrévérencieux qui accable Mary Marquet, en vieille fille acariâtre, ou bien les efforts de la maréchaussée pour débrouiller un imbroglio toujours plus confus.