L’affiche d’un film est toujours intéressante à voir, car elle en dit beaucoup sur les intentions des producteurs et des distributeurs. Je déteste celle de ce film (autres affiches).
Je déteste aussi la musique extradiégétique orchestrale et les bavardages du prétentieux Trevor Howard (“dialogues bien ciselés” disent ceux qui confondent théâtre et cinéma). Par contre, j’adore la photographie de John Wilcox qui sauve l'ensemble du désastre.
“Finis les discours” dit le capitaine Lingard [13’18]. Je suis bien d’accord, mais il ne s’applique à lui-même cette injonction. Ainsi, il fait la leçon aux autochtones selon les règles du droit colonial : les Anglais sont ici chez eux et les Malaisiens des étrangers sur leur propre terre [25’12-27’18].
Je n’ai pas lu ce roman de Joseph Conrad et je ne perds rien si j’en crois cette présentation :
"An Outcast of the Islands, 1896 (Un paria des îles), histoire d'une déchéance sur fond de décor malais, est déjà gâté par des tics d'écriture dont Conrad ne se libérera jamais vraiment : prolixité, abus d'un style inutilement “littéraire”, images vagues et envolées rhétoriques qui sont censées suggérer l'inexprimable mais se dissolvent dans une sonorité un peu creuse."
Encyclopædia Universalis
L’altercation finale entre le capitaine Lingard et Peter Willems est aussi bavarde que ridicule [1h26-1h35].
Lire :
- Joseph CONRAD, Un paria des îles, 1896 [Partage en ligne].
- Article Où va le cinéma ?, Ciné Monde.
- Article Films bavards vs non bavards, Ciné Monde.