En deux époques, le film est un hommage aux parachutistes de la France combattante, atterris en Bretagne à la veille du Débarquement pour désorganiser l'ennemi.
Le film est "voulu" et financé par les autorités militaires britannique et française et participe donc de cette image volontiers répandue et lisse de l'après-guerre d'une France unanime et vainqueure des Allemands aux côtés des Alliés (toutefois, on apercevra un milicien le temps d'un plan).
Dans une première partie baptisée "Ce sont ne sont pas des anges", le réalisateur présente des soldats français revanchards, dissipés et querelleurs mais patriotes et courageux, pressés de quitter l'entrainement sur le sol britannique et d'en découdre en France. C'est traité sur le ton d'une fantaisie assez nunuche.
Les élans patriotiques ne font pas souvent de bons films et cette adaptation de Joseph Kessel, même fondée sur des faits réels, propose trop de personnages complaisants et lourds de sens pour garantir la moindre authenticité humaine et militaire. Ils sont un échantillon de soldats tout en diversité dont on devine bien qu'ils connaitront, sur la terre de France, un sort inégal.
On peut espérer que la seconde partie soit plus intéressante et réaliste mais, si le récit se fait grave, du fait d'escarmouches et de la férocité allemande -perçue brutalement dans deux ou trois scènes cruelles- la réalisation d'Alexandre Esway se montre trop peu habile en tant que "film de guerre" et toujours aussi lourdaude dans les portraits (tel celui du soldat irascible joué par André le Gall, parfaitement grotesque).
Tourné à peine deux ans après les faits, le film est autant un témoignage de guerre et de l'engagement de Français libres que l'exaltation à bon compte du patriotisme de l'après-guerre.