Revoir ce polar très typé années 80 est finalement un réel plaisir, je l'avais vu à sa sortie et peut-être 1 fois à la télé, mais sans trop me creuser la tête ; là j'ai pu l'analyser en détail.

Deux ans après Pour la peau d'un flic, Alain Delon signe sa seconde réalisation, il est maître d'oeuvre sur tous les plans, co-scénariste, producteur et acteur qui déploie son légendaire charisme sans trop en abuser. Il devait à l'époque absolument rattrapper son pote et concurrent au box-office J.P. Belmondo, mais le plus drôle, c'est qu'il lui fait des "emprunts", je m'explique : il engage Marie-Christine Descouard, une belle plante de l'époque qu'on avait vue dans le Professionnel, et d'ailleurs, la photo encadrée que regarde Delon à un moment est tirée de ce film. Autre emprunt important et non des moindres : Michel Beaune dans un rôle secondaire, grand copain de conservatoire et partenaire de multiples films de Belmondo.

Delon s'entoure aussi d'un bon reste de casting avec 2 poids lourds des seconds rôles de polars : François Périer (qui le traquait dans le Samouraï, et qui ici joue une ordure absolue) et Pierre Mondy dans un rôle de flic bonne pâte, sorte de copie parodique de Columbo auquel il est fait allusion. On trouve Andrea Ferreol dans un rôle de vieille garce, Anne Parillaud que Delon avait employée dans Pour la peau d'un flic et dont il prend plaisir ici à détailler l'anatomie. Egalement Gérard Hérold, excellent acteur mort jeune à 54 ans en 1993 qui n'a pu continuer une belle carrière dans laquelle il se spécialisait dans les rôles de crapules élégantes, il avait côtoyé Delon déja dans Mort d'un pourri puis dans Pour la peau d'un flic. Delon donne aussi un petit rôle de voyou à Richard Anconina qui explosera peu après dans Tchao Pantin.

Avec tous ces éléments, plus une bonne partition de Christian Dorisse (avec un thème omniprésent), quelques bonnes scènes d'action, de jolies vues de Paris, des poursuites traditionnelles en bagnole, des coucheries et du nu frontal pour Descouard et Parillaud, ce polar est bien mené et maîtrisé, malgré un scénario peu original mais efficace, je l'avais même préféré à Pour la peau d'un flic. Delon dédie le film à l'un de ses maîtres, René Clément, et il continuera dans cette voie du polar sans risque au cours des 80's, avec Parole de flic en 1985, et Ne réveillez pas un flic qui dort en 1988, films que je pourrai chroniquer prochainement.

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le 15 juin 2025

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