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le 11 oct. 2019
SuivreDiamants noirs
Je comprends que les puristes n'adhérent pas forcément, mais perso "Le battant" c'est le ciné de mon enfance à la télé (même si je préférais Bebel), et encore aujourd'hui je prends du plaisir devant...
Après Pour la peau d’un flic, Le Battant confirme une chose assez évidente : Alain Delon savait réaliser un polar. Et plutôt bien. On peut même regretter qu’il n’ait pas persévéré derrière la caméra tant sa mise en scène se révèle soignée, avec quelques cadrages malins et une vraie capacité à installer immédiatement une ambiance. Il faut dire que l’homme connaît ses classiques. Il a tourné avec Melville, Clément, Verneuil ou Deray et appartient lui-même depuis longtemps à l’histoire du genre. Il peut donc tranquillement citer ses modèles autant que son propre cinéma.
C’est à la fois la principale qualité et la limite du Battant. Delon connaît tellement bien la recette qu’il ne cherche jamais vraiment à la bousculer. L’histoire de ce truand fraîchement sorti de prison, traqué à la fois par la police et par ceux qui convoitent le butin d’un ancien casse, déroule ainsi une mécanique très classique de filatures, de menaces et de règlements de comptes. Le récit réserve finalement assez peu de surprises et l’ensemble donne parfois l’impression de réciter avec application une partition parfaitement maîtrisée. Mais ce classicisme a aussi son charme, notamment dans cette manière de retrouver un polar français presque déjà d’un autre temps en 1983.
Comme dans Pour la peau d’un flic, on aurait aimé davantage de prise de risque, mais aussi un peu plus de nerf : le film prend son temps, parfois un peu trop. Autre petit travers : la musique. Très bonne au demeurant, elle accompagne tellement de scènes et revient avec une telle insistance qu’elle finit presque par provoquer l’écœurement. Dommage, car les images de Delon se suffisent souvent à elles-mêmes. Ces réserves n’empêchent pourtant jamais le film de fonctionner. Le polar est efficace, élégant, servi par une belle distribution et surtout par quelqu’un qui connaît parfaitement les codes du genre et prend manifestement plaisir à les manipuler.
Avec le recul, le film possède même quelque chose de crépusculaire. Il est probablement le dernier bon polar de Delon avant que celui-ci ne se tourne vers un cinéma d’auteur avec Notre histoire ou Un amour de Swann, puis revienne au genre sans jamais vraiment retrouver cette maîtrise. Pas un grand polar, donc, encore moins un film surprenant, mais un polar classique, solide et franchement sympathique.
6,5
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il y a 2 jours
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le 11 oct. 2019
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