Quel but poursuit le réalisateur Louis Cuny avec son sujet très sombre, sordide...et très artificiel ? Ressusciter, dans le port cafardeux d'Anvers, le réalisme poétique d'avant-guerre et son fatalisme ? C'est bien trop mal écrit et mal réalisé. On sent l'exercice de style affecté et poussif.
René Saint-Cyr est une sorte de Cosette au service d'un bistrotier brutal. Elle rencontre un docker et leur rêve de départ, dans un port, est un gros cliché. Les personnages sont inaboutis et complaisamment mélos ; ils ne produisent qu'une gravité de façade.
A mi-film commencent le second acte et le "beau voyage". Changement de décor radical
à bord d'un paquebot de croisière.
L'héroïne rencontre un pianiste virtuose cynique et méprisant et c'est parti pour une histoire sentimentale hors d'âge, franchement pénible suivant la mièvrerie ou la balourdise romantiques dont le cinéaste accable ses deux interprètes, Renée Saint-Cyr et Pierre Richard-Wilm, deux éminents spécialistes des compositions pathétiques.
Leur interprétation appuyée est inversement proportionnelle à l'enjeu dramatique, qui est simple et sans intérêt. Mais Cuny est décidé à en faire des tonnes. Quant au dénouement, vite expédié, j'hésite entre maladresse et sottise pour le qualifier.