1944: Pourchassé de nuit par une patrouille allemande, Grégoire (Pierre Mondy) trouve asile dans un monastère de Trappistes. 37 années passent et Frère Grégoire prétexte son devoir électoral pour retourner dans le monde: il se fait engager comme ouvrier agricole chez son ancien comparse de beuveries, Vincent Esperandieu...
Cette adaptation d'un roman de René Fallet paru en 1973 trimballe une mauvaise réputation totalement infondée. Ce film à quelque chose de terriblement émouvant car il narre une France rurale rassurante, celles des guinguettes et des comices agricoles, pas encore racaillisée ...C'est avant tout un film de potes ou chacun prend "l'accent", (Lefèbvre, Galabru, Catherine Allégret), excepté le Père Abbé joué par le flegmatique Daniel Ceccaldi.
Nous voici plongé dans une comédie à mi-chemin entre la farce (la chute du film est logique) et une sorte de conte initiatique vu à travers ce moine vieillissant qui rattrape, à sa manière, le temps perdu après 37 années d'une vie acétique à retourner la terre à la charrue puis au Massey-Ferguson.
Si Darras cadre sans génie, il sait créer des atmosphères contrastées ( Le monastère reposant, le bal du 14 juillet et ses majorettes.)Tous les romans de Fallet débordent de tendresse, tous les protagonistes sont terriblement humains avec leurs fêlures, leur vulgarité comme leurs fulgurances. (Annie Cordy surprend en patronne de ferme façon Signoret.)
Chez Fallet, on ne fait jamais verre à part, on partage le pinard comme les soucis (ici le Ricard coule à flots et l'on va à la messe en Peugeot 103 shoper!)