Le Calendrier propose une idée de départ simple mais immédiatement efficace : une ancienne danseuse paraplégique reçoit un étrange calendrier de l’Avent allemand dont chaque case contient une friandise liée à un vœu… à condition d’en accepter les règles mortelles.
Eva, clouée dans un fauteuil roulant depuis un accident, découvre progressivement que l’objet semble capable d’exaucer ses désirs les plus profonds, jusqu’au retour de l’usage de ses jambes. Mais chaque faveur accordée implique un prix de plus en plus monstrueux. Le film bascule alors dans une mécanique de pacte démoniaque proche du conte maudit, entre boîte magique, jeu pervers et malédiction infernale.
L’idée la plus réussie du film réside clairement dans le design même du calendrier. L’objet possède une identité visuelle forte : esthétique rétro allemande, petites portes sculptées, friandises symboliques en forme de cœur, de sexe ou de figurines humaines. Certaines trouvailles graphiques fonctionnent très bien, notamment lorsque le calendrier semble devenir vivant ou refléter directement les personnages. Une scène marquante montre même Eva miniature enfermée dans la boîte, faisant signe à un proche venu la chercher. On sent là un potentiel visuel et fantastique beaucoup plus vaste que ce que le film exploite réellement.
Le long métrage introduit également une entité longiligne et inquiétante, sorte de démon associé au calendrier. Ses apparitions restent rares mais parfois réussies, notamment dans quelques séquences où les couleurs du monde se modifient brutalement autour d’elle. Malheureusement, cet univers aurait mérité davantage de développement. Le film semble constamment hésiter entre série B fantastique intimiste et véritable plongée mythologique autour de l’objet maléfique.
C’est finalement là que le film montre ses limites. Malgré quelques bonnes idées, l’ensemble reste assez modeste et parfois prisonnier de clichés de mise en scène ou de personnages caricaturaux qui affaiblissent le propos. Les acteurs ne sont pas mauvais, mais le récit manque d’ampleur et d’ambition. On aurait aimé explorer davantage les règles du calendrier, l’origine de l’entité ou encore la psychologie des anciens “joueurs” qui transmettent la boîte comme une malédiction contagieuse.
Pourtant, derrière son dispositif fantastique, Le Calendrier développe un thème intéressant : jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir ce qui nous manque le plus ? Eva, comme les précédents possesseurs de la boîte, finit par perdre pied avec la réalité, obsédée par ce que l’objet peut lui offrir. Le film parle finalement du désir, de la dépendance et du sacrifice moral. Plus le rêve devient accessible, plus le prix humain devient insupportable.
Ce n’est pas un grand film d’horreur, ni même réellement un film terrifiant, mais plutôt un petit film fantastique français honnête, porté par une bonne idée centrale et quelques intuitions visuelles réussies. Dans un cinéma français qui produit relativement peu de propositions fantastiques de ce type, le film a au moins le mérite d’exister et de tenter quelque chose autour du conte maudit contemporain.