L'administrateur de biens Shabbas -comme il est joué par Jules Berry, on se demande forcément s'il est un margoulin- est à la recherche d'un chauffeur routier qui doit répondre à des critères saugrenus, dont celui d'être né un 21 août (comme Saint-Christophe, comme le réalisateur, soit dit en passant. Qu'il est facétieux ce Léo Joannon).
Cette entrée en matière absurde et mystérieuse se poursuit longuement jusqu'à ce que la comédie introduise enfin le sujet sous la forme d'un rite funéraire gitan et d'une rivalité entre les communautés gitanes du Nord et du Sud. Les motifs de la comédie apparaissent alors plus stupides que loufoques. D'autant plus que les Gitans sont ici décoratifs et pas le moins du monde authentiques.
Autour du camion blanc, clinquant même, se produisent des incidents et péripéties dont on pourrait s'amuser si le scénario n'était pas si simpliste et les personnages si futiles. Il y du beau monde dans le film de Joannon mais le jeune premier François Périer, qui tient le volant, a peu de tempérament comique ; tandis que son comparse Jean Parédès, lui, n'en manque pas mais il fait le zozo. La pauvre Marguerite Moreno, tout en noir, assise à la place du mort, fait tapisserie.
La mise en scène de Joannon est médiocre, tarabiscotée dans la première partie ; elle est le produit d'une bien mauvaise idée de comédie, au mieux inaboutie.