Richard Brooks relate la révolte des Mau-Mau, ces indépendantistes du Kenya qui, dans les années 50, s'en prirent violemment aux colons britanniques.
J'aurais voulu m'intéresser à cette féroce page de l'Histoire colonialiste mais trop de personnages romanesques, trop de palabres philosophico-humanistes tirent le sujet vers une dramaturgie aseptisée et une réflexion politique évidente. Dans l'ensemble, malgré quelques séquences fortes et ses paysages africains naturels, le film manque d'authenticité. Le cinéaste brasse différents thèmes incontournables -racisme et ségrégation, particularismes africains contre civilisation occidentale, violence comme moyen de lutte- mais en intellectualisant les personnages en en édulcorant l'action, Brooks théorise un sujet que j'aurais souhaité plus réaliste, quant au mode africain notamment, plus politique et, dans la forme, plus tonique.
Après un bref état des lieux, l'intrigue consiste à évoquer la révolte de Mau-Mau puis la répression implacable de l'occupant anglais. Avec au centre, l'amitié malmenée entre le Blanc (Rock Hudson, fade) et le Noir (Sidney Poitier, bon), tous deux natifs du Kenya et élevés ensemble, deux hommes éclairés de chaque camp dont les chemins se séparent.