Pour les collectionneurs d'épisodes sur la saga du bandit Jesse James, voilà une serie B de la Republic en noir et blanc et avec un écran large (inhabituel dans ce studio, qui utilise ici son propre procédé, le Naturama - rare aspect interessant du film).
Les histoires autour de Jesse James dans les anciens westerns - même avec les meilleurs réalisateurs comme Henry King, Nicholas Ray, Fritz Lang, ou Samuel Fuller - ont pour moi des cotés pénibles par leur aspect simpliste et répétitif, et celle-ci, une de celles qui exploitent le contexte de son assassinat par son acolyte Bob Ford, n'y déroge pas. (La dernière, celle de 2007, fait exception par sa subtilité : L' Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, de Andrew Dominik).
Ici, les acteurs sont particulièrement médiocres.
Stephen McNally, qui fut souvent bien meilleur dans beaucoup de westerns, joue un comparse de fiction nommé Vic Rodell. Il est lié à Paula, jouée par Peggy Castle, figurant la soeur de Bob Ford, lequel est joué par un Robert Vaughn tout jeune.
On remarque dans le rôle de Jesse James un acteur qui fut un second rôle dans de très nombreux films, Henry Brandon. Très grand, avec un beau visage et des yeux perçants, il joua souvent les indiens : par exemple, il était l'impressionnant Chief Scar dans The Searchers - La Prisonnière du Désert, 1956. Il était aussi l'officier allemand dans Vera Cruz.
La séquence d'ouverture est la plus interessante : les outlaws dévalisent une officine du chemin de fer un dimanche matin en cueillant son préposé sur le chemin de l'église pour qu'il leur ouvre la porte, mais ils sont aperçus par un commerçant qui va armer les paroissiens et il s'ensuit une fusillade avec eux juste après le hold up.
Cette scène est une fiction qui imite l'authentique fiasco du Great Minnesota Raid, le dernier hold up de banque de la bande de Jesse James et Cole Younger, très connu dans l'historiographie américaine et plusieurs fois montré au cinema (Il y a même un film de 1972, de Philip Kaufman, qui en a le titre). Ensuite, les péripéties sont convenues et bâclées.
Le gunfight final est grotesque : un échange de tirs dans un sous-bois, d'allure enfantine, entre un groupe composé de Frank James et de Cole Younger contre Vic Rodell d'abord seul puis rejoint par Bob Ford et son pere.
(Notule de 2020 publiée en Aout 2025)