C’est une serie B tournée à la va-vite par Andre de Toth avec Randolph Scott.
Sa trame est le portrait d'une petite ville gagnée par le lynchage et par la combinaison de la bêtise, de petites lâchetés éparses et convergentes, dont les femmes ne sont pas exemptes. La progression est plutôt bien menée quoique les péripéties soient un peu étirées, alors même que le film est très court (1h10).
Cette thématique principale est précédée par une attaque de diligence bien dirigée et elle se conclut par un gunfight final dans une salle de jeux.
Comme d’habitude, De Toth adore la mise en scène urbaine d'adversaires en interactions, leur circulation à la poursuite les uns des autres dans une petite ville, ses petites rues, les étages, les galeries en bois et les saloons, et on admire une fois de plus sa dextérité, appréciant la nervosité, la rapidité et les cadrages des séquences utiles.
On adore ça quand on est comme moi un amateur, malheureusement je dois admettre que des faiblesses de scénario dégradent le souvenir du film, et même son souvenir immédiat dès le mot Fin.
La façon dont au début Scott tombe dans un piège puis en réchappe (si facilement que c'est insultant même pour un spectateur amateur de serials), puis le refus irréaliste des citoyens de protéger le casino menacé, et quelques effets comiques outranciers altèrent notre attention pourtant globalement maintenue par le traitement d’ensemble.
Elle est gênée aussi par un warnercolor passé qui a mal vieilli.
Cependant, outre le côté anti maccarthyste global, sympathique, quelques astuces sont plaisantes.
Ainsi le Derringer qui va desservir alternativement le héros au début et le méchant (James Millican) à la fin...
Ainsi le lance-pierres d'un adolescent qui au début blessera le heros mais aussi, lors du gunfight final, le protégera d’une balle dans le dos tirée par un second couteau, joué par Charles Bronson (qui s’appelle encore Charles Buchinski).
(Notule de 2020 publiée en avril 2025)