Jennifer Lawrence - en plus d’être séduisante - est sans conteste l’une des actrices les plus douées de sa génération. De la danseuse névrosée et touchante, partenaire de Bradley Cooper, dans le film “Happiness Therapy”, de la charismatique cheffe de la rébellion des “Hunger Games”, de la naufragée de l’espace de “Passengers” aux côtés de Chris Pratt, en passant par l'impitoyable et pourtant fragile tueuse russe de “Red Sparrow”, la comédienne de 33 ans n’en finit pas de surprendre par ses choix hétéroclytes. Voici qu’arrive en Blu-ray pour le mois d’octobre le long-métrage “No Hard Feelings”, intitulé “Le Challenge” chez nous. Cette comédie de mœurs aussi rafraîchissante que cinglante, voit un improbable duo se former ; celui d’un adolescent introverti et d’une jeune femme en manque d’argent qui voudrait sauver la maison de sa mère. Par certains côtés, le film ressemble aux péloches pour ados des années 80 estampillé John Hughes. D’ailleurs, Matthew Broderick, l’acteur de “La Folle Journée de Ferris Bueller” fait partie du casting. Au moment où Maddie (Jennifer Lawrence) est contrainte de rejoindre son travail en rollers lorsque sa voiture lui est saisie par des créanciers, elle découvre une annonce insolite sur Internet. De riches parents souhaitent qu’une femme âgée entre 20 et 25 ans “dévergonde” leur fils Percy (Andrew Barth Feldman) avant qu’il ne rejoigne l’université de Princeton. Le synopsis peut paraître loufoque voire même léger, mais au travers de cette singulière histoire, le réalisateur Gene Stupnitsky (“Good Boys”) nous fait découvrir la face cachée et perverse d’un décor idyllique, celui d'une cité balnéaire prisée par de riches propriétaires. Maggie, à l’instar d’un grand nombre d’habitants permanents de la petite ville côtière, est une victime collatérale de la gentrification faisant exploser le prix des impôts fonciers. De cet état de fait, “Le Challenge” prend de la hauteur et ne se contente pas d’accumuler les scènes croquignolesques, même si quelques moments auraient pu être éludés. L’alchimie entre les comédiens fonctionne parfaitement bien, mais le jeune Andrew Barth Feldman - qui joue Percy, l’ado effacé en manque d’assurance, chouchouté par des parents ultra-protecteurs - prend tellement le rôle au pied de la lettre, qu’il en ait un peu trop lisse et mou à mon goût (avis perso), qu’importe car comme le spectateur, le jeune acteur de 21 ans se laisse guider par la pétillante Jennifer Lawrence portant le long-métrage du début à la fin.