Il y a de ces films qui éclairent leur époque par l'intelligence du propos (le fond) ou par l'esthétisme de la mise en image (la forme). Alors, lorsque vous retrouvez ces deux éléments dans un seul long-métrage, vous savez que vous avez devant vous un film-phare qui guidera bien d'autres oeuvres qui suiveront. LE CHAT DANS LE SAC est l'un des rares films québécois à pouvoir se définir ainsi (je pense aussi à l'innovateur À TOUT PRENDRE de Claude Jutra et au touchant LES BONS DÉBARRAS de Mankiewicz), maniant autant la qualité exceptionnelle de sa cinématographie que la justesse de son propos romantico-politque. Car cette histoire d'amour entre une jolie anglophone et un militant francophone trace un portrait réaliste (très proche du documentaire) du Québec des années 60. Il demeure très difficile aujourd'hui de voir des documents aussi personnels sur nos grands écrans. Dommage, car plusieurs d'entre nous espérent toujours se faire guider par ces films lumineux.