Le chemin de Jeanne Labrune est celui qui, concrètement, serpente près d'une rivières et de ruines de temples d'Angkor. Mais il est aussi celui, spirituel, emprunté par son héroïne (Agathe Bonitzer, (plutôt mieux que d'habitude), jeune nonne en devenir. Il est aussi le lieu de rencontres, espacées, avec un homme (excellent Randal Douc) qui la sensibilise au passé du Cambodge. C'est ce que le film fait de mieux, capter l'âme d'un pays traumatisé par la période des Khmers rouges, alors que la mort est toujours partout et notamment dans la nature, témoin muet d'un génocide qui a créé des fantômes qui hantent les lieux. Mais le scénario manque de clarté et de conviction, se divisant en deux intrigues parallèles qui se rejoignent artificiellement. Le chemin est fait de sensations, d'apparitions et d'appréhensions, à la lisière du fantastique. Ce n'est pas le lenteur du film qui pose problème mais plutôt le sentiment que l'écriture est trop lâche pour véritablement nous agripper.