Le projet, ambitieux sur le papier, consistait pour Claude Chabrol, à porter à l’écran le livre de Jean Rouaud, chronique modeste et sensible d’une enfance dans la Bretagne du début du XXe siècle. Mais ce que Chabrol réussissait si bien dans ses portraits acides de la bourgeoisie contemporaine semble ici lui échapper. "Le Cheval D'Orgueil" se veut fidèle à la terre, aux traditions, aux gestes du quotidien, mais cette volonté de restitution tourne vite à l’illustration figée. On regarde défiler les scènes comme on feuillette un album de souvenirs, sans toujours ressentir ce qui se joue vraiment entre les personnages.