Ce gentil documentaire, qui tourne autour d'une toute petite histoire d'enfant et de chien, aurait, parait-il, une grande ambition : traiter des problèmes de l'adaptation au monde moderne, d'une population traditionnelle imprégnée de bouddhisme et essentiellement nomade.
L'ambition se révèle vite très allusive : la transmission des croyances traditionnelles lors de l'épisode avec la vielle femme, le problème des chien errants destructeurs de troupeaux (une petite phrase du père), les problèmes d'éducation (la petite fille va à l'école à la ville), l'exode rural et l'acculturation qu'il entraîne avec quelques symboles discrets.
Mais la réalisatrice est beaucoup trop pudique et on ne connaîtra pas grand chose des problèmes de la Mongolie d'aujourd'hui. Dommage, car les peuples qui tentent leur développement sans se soumettre au matérialisme consumériste sont bien rares. Ce film-là reste à faire.
Reste l'histoire maigrelette du chien et de la petite fille, les paysages de la Mongolie sauvage, la vie quotidienne et attachante de ces gens entre la ville et leur petit troupeau. Bien peu pour un documentaire, bien peu pour une fiction. De quoi s'ennuyer un peu et, à la sortie, être un peu déçu.