Apologie de la frivolité – et de l’amour (car seule compte vraiment Gene Tierney l'irrésistible) - "Le Ciel Peut Attendre" est d’une élégance baroque, d’une constante folie, et clôt magnifiquement la carrière de l'indispensable Lubitsch par un nouveau pied de nez à la morale : Que devient un homme frivole, coureur et Don Juan avant tout, au jour du jugement dernier ? Comment vouer aux flammes de l'enfer quelqu'un qui fut tant aimé et qui aima tant ? Qu’a-t-il fait d’autre que de semer autour de lui du bonheur et des rires ? De faire de sa délicieuse épouse une femme heureuse, l’emportant d’un coup de valse, la sauvant ainsi d’une terne vie en une scène magique. Lucifer lui-même, émerveillé, le renvoie au bonheur. Ce bonheur qui est une fois de plus le nôtre grâce au savoir-faire virtuose de Lubitsch, à la légèreté de sa mise en scène suprême, et finalement à l'absolue générosité de sa vision de l'humanité, qui se teinte ici et là d'une touche bienvenue de gravité. [Critique écrite en 2005]

Eric-Jubilado
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le 16 déc. 2014

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