En Corée, le major Webbe commande un poste médical pliant bagage dès que se déplace le front, d'où la référence au cirque. L'activité du major-chirurgien ne se limite pas cependant à soigner les blessés de guerre ; en séducteur, il s'intéresse aussi de très près à l'avenante infirmière Ruth.
Le matériau du film servira quelques années plus tard une évocation d'un tout autre esprit de Robert Altman (M.A.S.H.). En l'état, le film de Richard Brooks est un film plus grave dont j'attendais, considérant le prestige du cinéaste, des idées et une dramaturgie fortes en dépit que le sujet n'apparait pas très emballant a priori. Et ne le sera pas davantage dans la suite.
Le film est d'une grande pauvreté dramatique. Etriqué dans son propos et dans l'espace, il se borne à exprimer alternativement des considérations communes sur la dureté de la guerre, le sens du devoir et le dévouement des militaires soignants, et à raconter la relation sentimentale entre Bogart et June Allyson. Occultant les combats, faisant le choix de les suggérer à travers l'activité, édulcorée, de l'antenne médicale, Richard Brooks ne parvient pas à introduire un quelconque réalisme ou une émotion. Tandis que la liaison entre Webbe et sa subordonnée Ruth est de la fadeur qui reflète le puritanisme américain en la matière.
Enfin, tributaire de la logistique mis à disposition par l'US Army, le film n'est pas sans louer platement le talent, la modernité de la puissante armée américaine, voire, dans l'esprit, sa mission civilisatrice en Corée.
Très ennuyeux.