Étonnant de constater que ce film dont on faisait si grand cas à sa sortie soit aujourd'hui si modérément apprécié. C'est vrai que l'impact sur l'opinion publique qu'aura eu à l'époque l'assassinat du père Popieluszko avait été gigantesque. Du coup, Le complot forçait un peu le respect et rendait un peu difficile la critique en 1988. Le temps s'est écoulé et l'importance du film semble s'être un peu estompée. Sans doute aussi que le nom de Christophe Lambert n'évoque plus tout à fait la même chose aujourd'hui, soit dit en passant... Pourtant, si l'engouement de l'époque était sans doute un peu forcé, le désintérêt d'aujourd'hui l'est tout autant.
Car il y a quand même plein de bonnes choses dans Le complot. A commencer par un antagoniste terriblement ambigu, à la fois totalement fanatique et parfaitement conscient de faire fausse route. Les contradictions et les tourments du personnage sont très bien rendus. C'est d'ailleurs assez risqué comme construction : le film est bien centré autour du prêtre, mais c'est le tortionnaire qui est pourtant le personnage principal. Et Ed Harris assure à fond côté interprétation car on n'arrive jamais tout à fait à cerner le bonhomme. Face à lui, la candeur coutumière de Christophe Lambert fonctionne plutôt bien, et finalement sert le rôle. Donc ça fonctionne.
Et puis malgré tout, même si le temps s'est écoulé, Le complot reste porteur d'une charge politique qu'il serait de bon ton de ne pas oublier. Donc le film se laisse encore voir sans souci.