Avant meme d'aller voir "Le Concours", avant meme d'être sur notre siège de cinema, on sait déjà d'avance ce que pourra nous procurer le film : ça sera très, très éprouvant. Je suis prêt à parier que quiconque dans la salle ayant déjà passé un concours avait une boule au ventre de la taille du mont blanc et le souffle coupé : multipliez cette sensation par 2 si la personne envisage de passer le concours de la Femis.
Envers et contre tout, le film rassure : voir du point de vue du jury, cette entité impitoyable qui est en fait surtout humaine, ces candidats s'enchaîner avec leur incertitude fait chaud au cœur. Alors on s'identifie, on se demande ce qu'on aurait fait ou dit à leur place, on étouffe avec eux et bien qu'on ne les vois jamais hors de l'épreuve, on ressent quelquefois leur stress. La séance est alors paradoxale : on s'amuse d'un rire cruel des candidats au dépourvu, on se délecte d'un jury atypique qui tente de défendre un candidat nul en cherchant ce qu'il y a de mieux en lui pour au final se rendre compte que le plus cruel dans l'histoire, c'est nous, spectateur. Nous qui attendons la promesse d'un examen impossible, nous qui aimons nous faire peur.
Et c'est enfin lorsque le concours se termine que les candidats relâchent la pression avec nous, que l'on est presque fier du parcours des jeunes premiers acceptés dans cette forteresse toujours présentée sobrement. On se tourne alors vers son voisin, curieux, pour lui demander si lui aussi a eu autant d'adrénaline que nous, et on s'amuse alors à trouver dans la salle ceux qui passeront ce fameux concours.