Il a quand même pas mal déçu, Frédéric Schoendorffer, depuis ses débuts plutôt réussis (« Scènes de crimes »). « Le Convoi » ne fait qu'à moitié exception, même s'il faut lui reconnaître quelques vraies mérites. Le premier et plus important est évidemment de proposer un film se déroulant 95% du temps dans des voitures, ce qui n'a pas dû être simple à tourner et constitue presque un tour de force, le scénario tenant à peu près la route (humour!), même si la lassitude et l'aspect répétitif peuvent légèrement se ressentir, parfois. Ensuite, le regard est assez sombre, ce qui n'empêche pas quelques traits d'humour assez réussis dans certains échanges, d'autant qu'il n'y a globalement pas trop de facilité, le réalisateur ne cherchant jamais à idéaliser qui que ce soit. Après, il faut durer plus de 90 minutes et sans m'ennuyer, je ne me suis pas éclaté non plus. La volonté de réalisme de Schoendorffer se heurte à la dimension spectacle : rester sobre, c'est bien, mais ça n'aide pas non plus à rendre le concept plus excitant.
Le film est ainsi un peu coincé : d'un côté le postulat est vraiment chouette, de l'autre, on se rend compte que ça n'est pas évident à mener concrètement sur le long terme. Mais ce n'est pas la seule raison : en voulant rendre le plus crédible possible ses hors-la-loi, Schoendorffer les... banalise. Du coup, prendre le volant avec eux n'a rien d'excitant tant ses personnages sont souvent peu dignes d'intérêt, si ce n'est à travers quelques illusions d'ordre privée. Pas simple non plus pour les acteurs d'exister, à l'image d'une Reem Kherici peu exploitée ou d'un Benoît Magimel faisant le job, sans plus. Je comprends les intentions du réalisateur, ses choix, en approuve certains, mais à l'écran, cela ne se concrétise que partiellement. Maintenant, même s'il n'avait sans doute pas les armes (ni le talent) pour mener le projet jusqu'où il souhaitait, au moins a t-il tenté quelque chose de nouveau, différent : malgré les faiblesses, c'est à souligner et à respecter.