William Friedkin décide de faire aussi "Le salaire de la peur" de G.H.Clouzot. Il choisit les deux meilleurs acteurs du moment, Steve Mc Queen et Lino Ventura. Mais Friedkin est bien jeune et intraitable. Mac Queen l'envoie promener, Ventura le suit. La première claque pour le réalisateur de "L'exorciste". Qui prendre ? Pire, que lui reste-t-il ? Roy Scheider accepte. Bruno Cremer accepte, des seconds couteaux. Sans star de premier plan, Friedkin sait qu'il sera en danger. Il change ses plans, la musique sera composée par un groupe allemand de rock alternatif, Tangerine Dream. La complexité de plans est effrayante. Et seconde claque, son film sort une semaine après le bourrage de crâne de Lucas avec son "Star Wars". Friedkin est foutu ! Seul, le grand Yves Montand voit le film et vient le saluer de ce chef d'oeuvre. "Sorcerer" est le tournant traumatisant de Friedkin, comme le fut le contrat avec la MGM de Keaton, le fric fou fait perdre son âme. Le film est abandonné, il est tabou d'en parler. années 2000, le film est officiellement disparu, plus une seule copie connue. Friedkin est en somme satisfait, son passé génial est mort et enterré. Sauf que... On en découvre un original dans un vieux cinéma de quartier et la magie de la numérisation fera le reste. Sauvé ! Bien plus tard, Friedkin acceptera de parler enfin de son chagrin d'amour, de son film qu'il pensait pourtant être son chef d'oeuvre. Comme il avait raison. Un des dix plus grands films de tous les temps. "Si le grain ne meurt...", roman de Gide, rappelle la vérité de cette parole du Christ.

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le 25 oct. 2018

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