Avec un certain nombre de grands films à son actif, De Palma est une figure emblématique du cinéma contemporain. Il est à mon sens l'un des meilleurs artisans encore en activité, et chaque film que je découvre de sa main est une promesse que j'ai hâte de visionner. La Dahlia noir fait partie de ses films que je n'avais pas encore vus et que je me suis lancé le coeur léger, mon costume de fanboy du maître solidement boutonné. La séance fut malheureusement sans appel, très décevante, à plus d'un titre. En effet, il est difficile de prendre du plaisir quand on a l'impression d'être un idiot qui n'est pas fichu de comprendre ce qui se trame à l'écran. De Palma se laisse en effet dépasser par le pavé d'Elroy et ne parvient jamais à rendre fluide cette histoire qu'il investit. On n'est souvent dépassé par les guerres de personnages qui se jouent dans le cadre, et ce puzzle qui ne prend forme qu'à la toute fin du métrage ne semble pas vraiment cohérent. Le pire, c'est que si le spectateur se sent largué au milieu de ces intrigues farfelues, il semblerait qu'il ne soit pas le seul. Les acteurs sont également à la dérive, partagés entre l'inspiration qui les envahit lorsqu'ils pénètrent les belles ambiances de film noir qui irradient leurs plateaux (Hillary Swank n'aura jamais été aussi bien mise en valeur) et le manque flagrant de tenue de leurs personnages (pauvre Scarlett qui surnage).

Et pourtant, formellement De Palma est encore de la partie et prouve, une nouvelle fois ici, toute l'étendue de son talent, caméra au poing. Véritable génie de l'image il fait de ce Black Dahlia une vraie réussite graphique dont la mise en scène précise sauverait presque la pauvreté de l'ensemble. Mais c'est sans compter sur cette frustration qui nous envahit lorsque les hostilités se finissent sur une scène incompréhensible, qui finit de faire du personnage pourtant intéressant de l'underdog sympathique une éternelle addition de paradoxes injustifiés. La dahlia noir est un joli film manqué qui n'a qu'un seul mérite, nous donner envie de lire le matériau d'Elroy pour réussir à comprendre les mécaniques qui feraient de tous ces personnages intéressants une intrigue policière enfin compréhensible.
oso
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le 2 mars 2014

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