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le 20 juin 2019
SuivreFolie contagieuse
N'étant pas un spécialiste du cinéma de Quentin Dupieux, que je n'ai découvert que tardivement, il me semble néanmoins que ce passionnant "Daim", malgré les apparences (et le pedigree du bonhomme),...
Ah, Le Daim. Sous couvert d'un film absurde sur un tueur en série manipulé par son manteau en daim, est finalement esquissée une critique subtile de la fast fashion et de la dangerosité de la consommation textile exacerbée sur nos écosystèmes et... Non je déconne.
Avec Le Daim, Jean Dujardin se refait une virginité d'acteur en tournant pour Quentin Dupieux et en entrant dans son jar-daim. Car après Alain Chabat dans Réalité, c'est bien Dujardin qui, pour une fois sorti de ses mimiques habituelles et enquiquinantes, porte le film en incarnant véritablement un personnage. Haut en couleur en plus, un quarantenaire perdu qui sombre peu à peu dans une folie toute dupieusienne. Un personnage aussi fou que brut, malin, ra-daim, déterminé à sombrer, lui et son manteau. Les ressorts comiques sont nombreux, dans ce film absurde et en même temps très logique. Après une maturité acquise grâce à Réalité, on sent dans la filmographie de Dupieux une inflexion, une nuance, qui prend l'absurde comme un moyen comique et non comme une fin en soi, ce qui permet de pas en faire des caisses. Si le scénario de départ est délirant (un homme obsédé par son manteau en daim qui lui parle et l'incite à devenir un pala-daim meurtrier pour que personne d'autre ne puisse porter de manteau), les événements ensuite s'enchaînent quasi-logiquement, l'absurde devant seulement nourrir l'humour. Ainsi, alors qu'elle semblait saine et victime de George (Dujardin), Denise (Adèle Haenel qui, loin dêtre un bou-daim, répond parfaitement au jeu de son partenaire) se révèle daim coup daim seul être une sacre tarée en puissance. A la fin du film, ils forment ainsi un couple à la Jasmine et Alad-daim, complices de meurtre pour un film sans queue ni tête. Le film s'arrête sur une boucle temporelle chère à Dupieux, lorsque George, qui se prend un sacré ga-daim, est finalement remplacé par Denise. Le cinéma n'est jamais très loin non plus : comme dans Rubber où le pneu ressuscité se rend à Hollywood, Denise reprend le rêve insensé de George d'achever le film sur le manteau en daim.
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Créée
le 18 mai 2024
Critique lue 52 fois
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le 20 juin 2019
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