Je ne connaissais pas du tout Quentin Dupieux avant de voir ce film. J'avais entendu dire que ses films se basaient sur l'absurde, et c'est en partie ce qui m'a attiré à voir le film. Je ne pourrai pas dire que c'était une publicité mensongère.


J'ai été particulièrement sensible à l'humour totalement décalé, qui ne peut pas ne pas faire sourire tant il est incongru. Tout le long du film on se demande jusqu'où il ira, et s'il se stoppera. Et lorsqu'il franchit toutes les limites, on est à la fois choqués (entendre par "choqués" une surprise doublée d'une sorte de désapprobation) et amusés par la tournure à la fois grave et comique que prennent les événements, avec toujours une petite musique sympathique en fond. Le mélange de ces deux émotions pourtant assez éloignées est très étrange, et néanmoins une expérience intéressante.


On remarquera que tout au long du film, George sera de plus en plus habillé en daim, devenant presque le daim au final. Dupieux accentue ce sentiment par des plans réguliers de daims, qui viennent donner une plus grande importance à l'animal que le simple blouson, en plus de rendre plus percutante la fin du film.


J'ai d'ailleurs été mitigé par la fin. Sans conteste, elle est bien trouvée. Mais (et sans mauvais jeu de mot) elle m'a laissé sur ma faim. Lorsque la conclusion est arrivée, je n'aurais pas été déçu ou ennuyé de voir que ce n'était que la première partie du film. Selon ce que j'ai pu lire, c'est une caractéristique récurrente chez Dupieux. Pourquoi pas, en tout cas j'aime la manière dont il l'amène, avec ce coté transformation qui va jusqu'au bout, et c'est l'essentiel.


Après avoir vu le film, je me suis questionné sur ce que Dupieux pouvait bien vouloir nous raconter. Ça ne peut pas être aussi bête que la simple lecture au premier degré. (encore que ça resterait tout de même très bon, mais une situation aussi absurde sent la métaphore, la deuxième couche de lecture). J'ai lu quelque part qu'il s'agissait d'un film sur la crise de la quarantaine. Je n'ai malheureusement (ou heureusement) jamais eu encore l'occasion d'expérimenter cette crise de la quarantaine.
Qui sait, peut-être que je reverrai ce film quarante années passées, ayant mieux saisi le film, et j'ajouterai un paragraphe à cette critique ?

reisarb4
8
Écrit par

Créée

le 26 avr. 2020

Critique lue 264 fois

reisarb4

Écrit par

Critique lue 264 fois

1
2

D'autres avis sur Le Daim

Le Daim

Le Daim

8

Eric-Jubilado

6830 critiques

Folie contagieuse

N'étant pas un spécialiste du cinéma de Quentin Dupieux, que je n'ai découvert que tardivement, il me semble néanmoins que ce passionnant "Daim", malgré les apparences (et le pedigree du bonhomme),...

le 20 juin 2019

Le Daim

Le Daim

7

Vincent-Ruozzi

310 critiques

La guerre des blousons

Rares sont les réalisateurs menant deux carrières bien distinctes frontalement. Quentin Dupieux appartient à ce cercle très fermé. Réalisateur de huit long-métrages à tout juste 45 ans, il est...

le 12 juin 2019

Le Daim

Le Daim

7

Grimault_

169 critiques

Le Prisonnier du Daim cher

Pour cette 72e édition du Festival de Cannes, la Quinzaine des Réalisateurs s’ouvrait ce mercredi 15 mai sur un film français relativement attendu, à savoir Le Daim, septième long-métrage de Quentin...

le 16 mai 2019

Du même critique

Chez moi

Chez moi

7

reisarb4

26 critiques

Javier, un admirable tueur

Confiné pour confiné, étant cloitré à la maison, autant regarder un film qui parle de chez soi... J'ai regardé le film comme ça, sans me renseigner auparavant, je ne m'attendais pas exactement à...

le 30 mars 2020

La Plateforme

La Plateforme

5

reisarb4

26 critiques

La plateforme

J'ai été assez étonné par le film, qui était très différent de ce à quoi je m'attendais. En regardant la bande-annonce, j'ai cru que c'était un film d'horreur qui montrait uniquement des situations...

le 29 mars 2020

Le Daim

Le Daim

8

reisarb4

26 critiques

Critique de Le Daim par reisarb4

Je ne connaissais pas du tout Quentin Dupieux avant de voir ce film. J'avais entendu dire que ses films se basaient sur l'absurde, et c'est en partie ce qui m'a attiré à voir le film. Je ne pourrai...

le 26 avr. 2020