Si on replace ce Daim dans la filmo de Dupieux, on est entre le très bon Au Poste et le très mauvais Mandibules. On est aussi après la théorisation du cinéma de Dupieux (Rubber et Réalité) et avant la fuite en avant du deux films mal finis par an.


Voici Georges, 44 ans. Georges plaque tout et se barre dans un village paumé dans la montagne. Il claque toute sa thune dans un blouson en daim et gagne par-dessus le marché un caméscope. Peu à peu, ce blouson va devenir son obsession et le caméscope la manière d’exprimer cette obsession. C’est la rencontre avec Denise, monteuse à ses heures, qui va mettre de l’ordre dans son projet chaotique.


On le sait, Dupieux lance des cailloux et voit comment ça tombe. Il lance aussi des morceaux de pain que les canards vont chercher dans l’herbe. Parfois, les canards vont tomber sur des cailloux. Parfois, le pain, ramolli par la pluie, va former une bouillie que les canards ne voudront pas. De là naît une intrigue. Ainsi, Dupieux place davantage sa confiance dans le chaos créatif que dans le processus de production. Lui seul sait le résultat attendu, celui-ci n’étant finalement pas le même selon qu’on soit le créateur, le financeur, le collaborateur, le spectateur. Ceci étant dit, chacun est libre de tirer la ficelle de l’interprétation dans la direction qu’il souhaite. Alors ? L’indépendance comme liberté ultime ? L’objet d’art est-il aussi unique que Dieu le Créateur ? Doit-il l’être ? Le créateur peut-il être seul ? De la contrainte, de compétence notamment, naît la créativité, mais qui évaluera cette compétence ? Le public ? Le financeur ? Le créateur lui-même ? Et d’où vient l’inspiration si ce n’est de Dieu, l’unique créateur ? Ou sinon, libre à vous de ne voir qu’un thriller branchouille et un peu facile avec ses stars en décalage et son look rétro mais pas vraiment vintage (parce que le vintage c’est pour les beaufs sur Vinted). Reste qu’on aimera l’interprétation, l’ambiance de fin du monde, le bricolage autant scénaristique que visuel, la mise en abyme d’un gars qui vogue au fil du diktat de l’objet. Mais tout ça, c’est vraiment en fonction de chacun.


Donc ce Daim est du Dupieux comme on l’aime, qui dit des choses et finit le job. « QD est un sale c.. » dis-je toujours, et c’est encore une fois vrai dans une production qui ne délègue pas car qui mieux que lui peut faire le job. Un personnage insupportable et un film désagréable ? Oui, mais, on va pas se mentir, c’est ça qui est bon.


>>> La scène qu’on retiendra ? On retiendra les discussions entre Georges et Denise, c’est là qu’est la vérité.

Konika0
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le 14 août 2026

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