Et puis vient ce film.
Vous le connaissez, ce film. Ce film, pour tous une évidence. Limpide, indiscutable. Oecuménique et, oui, unanime.
Ce film que vous avez vraisemblablement vu autre fois, mais que vous mélangez un peu à d'autres (ici Papa Longues Jambes, Petrov) parfois de manière scandaleuse (Mariage Royal), mais pour lequel vous vous préparez à la revoyure, les petits plats dans les grands. On se fait une joie, on se hype, on se tease... et puis passée la séquence-titre (la seconde scène du film), attendue et à la hauteur... plus rien. Plus rien ne marche à vos yeux, soudain plein de larmes de frustration. Rien.
Les décors grandiloquents désolent, les morceaux de bravoure font tous pschitt, les uns après les autres, les acteurs agacent (Astaire plus tête à claque que mega-classe, Horton et Blore poussifs (plus poussifs qu'à l'accoutumée, c'est dire), Rogers aussi fade que déjà constaté... seule Helen Broderickvous arrachera des sourires avec son underplaying blasé), la réalisation embarrasse (Sandrich c'est décidément pas Donen ni Cukor, pas même Stevens !) et même les chansons n'accrochent pas autant qu'elles devraient...
Le vaudeville s'épuise aussi vite que vos patiences et le faste carton-pâte des studios de 12 mètres de plafond ne vous charme pas autant que chez Bubsy Berkeley & Lloyd Bacon...
Vient donc ce film, oui, de loin en loin, avec lequel on se prend les pieds dans le tapis, un peu honteux mais surtout triste.
Et le pire dans tout ça ? C'est qu'il y en aura d'autres de ce type de film :
un rendez-vous manqué.