Les Faucons de la Nuit est un petit thriller policier où une espèce de Serpico baraqué (Stallone) lutte avec un terroriste genre Carlos. On peut y préférer les scènes « banales » (routine policière moderne) aux « grandes scènes » (prise d'otages dans un téléphérique), parce que la simplicité du cinéma de « genre » est préférable aux « grands sujets » tape-à-l'oeil. En tous cas c'est distrayant, très proprement fait, le montage est particulièrement chiadé.(...) On peut supposer que le véritable patron de l'ouvrage est Stallone. On devine le rebondissement final quelques instants avant qu'il se produise. L'ensemble est comestible. JP Manchette (29/5/81)

Manchette n'avait que peu de goût pour Friedkin, moquant un brin French Connection et Cruising (même chef op dans le Malmuth), et force est de reconnaître qu'avec l'âge, nous entendons mieux ses sarcasmes.

Et donc, en matière de thriller immersif et musclé, son avis sur Night Hawks est lui aussi assez conforme à ce qu'on peut en penser légitimement.


Les climax sont concentrés lors de la dernière demie-heure (une poursuite en métro, la prise d'otages téléphériquesque et un duel final bouclant la boucle par un prévisible trick) et la mise en place (tout de même un peu trop ambitieuse dans son premier tiers internationalement banc-titré) est ce qu'il y a de plus plaisant dans l'affaire.


Le casting des seconds couteaux (Nigel Davenport et Joe Spinnel surtout, Lindsay « Super Jaimie » Wagner n'ayant guère à défendre et Billy Dee « Lando Calrissian » Williams n'offrant qu'un sparring partner de service) soutient bien le duo de choc, le déjà fort hypnotique Rutger Hauer (qui s'échauffait là pour sortir sa renversante partition de Roy Batty dans Blade Runner) et le big Sly.

Sly qui, comme le soupçonne Manchette, prendra la camera le temps du tournage de la poursuite en subway, le premier réalisateur (Gary Nelson, qui dirigea Le Trou Noir et un Alan Quattermain) ayant claqué la porte.


Le tout est nerveux ce qu'il faut, new-yorkais autant qu'on l'aime (le titre tend presque un pont (ou plutôt un tunnel !) entre Les Pirates du Métro (la petite merveille catchy de Joseph Sargent avec Matthau et Shaw) et Die Hard 3), « genre » à point en somme... oui: comestible.

MonPauvreEdgar
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le 7 août 2025

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