Film de Léo Joannon tourné en 1954. Suivant les informations données au générique, le film est co-réalisé avec Denys de la Patellière sur un scénario écrit par ce dernier.

Le scénario est bâti autour d'un personnage Maurice Morand (Pierre Fresnay), curé défroqué qui a, par choix et pour des raisons non évoquées, tout quitté, foi et Église au grand dam de certains de ses amis pour entreprendre une carrière d'universitaire où il exprime dans ses cours et dans ses publications sa haine et ses ressentiments vis-à-vis de l'Église. Mais le destin veille … Prisonnier en Oflag, la mort d'un prêtre (actif, celui-là) va déclencher une suite – assez prévisible – d'évènements en cascade qui vont le ramener à la fin vers la foi et dans le giron de l'Église …

Précisons tout de suite que Léo Joannon est un cinéaste qui pendant l'Occupation fut un laudateur du régime de Vichy et, surtout, un fervent catholique n'hésitant pas à faire du prosélytisme dans ses films. D'ailleurs, dans "le défroqué", il joue lui-même le rôle d'un chanoine en charge d'un séminaire, ami indéfectible du personnage central Maurice Morand mais artisan de son retour final à la "maison" …

J'apprécie très très moyennement ce film qui me laisse toujours la désagréable impression de me faire manipuler. Au début, tout va bien à l'Oflag et au retour des prisonniers à la Libération car le personnage joué par Pierre Fresnay, débarrassé de sa foi et de l'Église, parait bien dans ses bottes et tient des propos sensés. Sa carrière à l'université dans sa chaire d'Histoire parait prometteuse, il rencontre le succès dans ses publications. Puis, au fur et à mesure de l'avancement du film, le personnage se "dégrade" au sens où il se sent moralement et intellectuellement de plus en plus fragile, acculé par ses amis devant des contradictions qu'il a de plus en plus de mal à gérer,

Spoiler : jusqu'au dénouement dramatique.

Côté mise en scène, Joannon ne fait pas toujours dans la dentelle comme cette scène hallucinante et probablement scandaleuse (pour les catholiques) dans un cabaret où Fresnay fait quand même un peu dans la démesure.

D'ailleurs, à la réflexion, je pense que le jeu de Fresnay est volontairement un peu outré comme s'il s'agissait de démontrer que le personnage a beau jeu de bien parler. Il n'empêche qu'il n'a pas la conscience si claire, même au début du film, ou bien, qu'il a beau faire, il ne peut se débarrasser de sa foi aussi facilement.

Comme il est rappelé à plusieurs reprises "Curé un jour, curé toujours"


JeanG55
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le 13 avr. 2025

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