Il aura fallu sept ans à Jean-Jacques Annaud pour mettre sur pied son nouveau film. Sept ans de dur labeur, entre repérages, dressage et tournage dans des conditions climatiques atroces. Le Dernier Loup sonne comme un projet maudit, mais il ne l’est pas.
On a tendance à penser que les projets interminables comme ceux-là ont le malheur de rater la cible qu’ils avaient visés au départ, mais c’était sans compter sur Jean-Jacques Annaud pour nous offrir encore une fois un film universel, toujours aussi revendicateur pour la cause animale. Adapté du plus gros best-seller chinois depuis Le Petit Livre Rouge de Mao, Le Dernier Loup à cela qu’il est un récit ancré dans son époque : celle de la Révolution Cuturelle survenue dans les années soixante en Chine. On y suit deux étudiants de Pékin, partis éduquer les régions mongols, et dont un en particulier se prendra d’affection pour un loup, qu’il cherchera à éduquer. Si le film reste au final très manichéen dans sa forme, tout comme l’était L’Ours, il reste malgré tout assez juste quand on voit la difficulté qu’a du avoir le réalisateur pour diriger ce casting amateur voire semi-professionnel. Malgré des errances, et un doublage français qui n’aide pas forcément, Jean-Jacques Annaud livre ici un film adapté pour tous, sachant jouer sur l’image craintive mais aussi fantasmatique de l’animal. Surtout, la qualité de l’image surprend aussi bien par sa profondeur que par le dépaysement qu’elle procure. Un sentiment tranché net par la violence de certaines scènes, filmées avec beaucoup de froideur mais aussi de réalisme.
Ce que l’on pourra regretter en majorité, c’est les quelques errances scénaristiques, Jean-Jacques Annaud n’ayant pas l’air de prendre beaucoup de liberté sur son récit, et surtout le formalisme de l’ensemble. Malgré une réalisation de très belle facture, on regrettera que le film ne soit pas plus incisif sur certains points, notamment politiques. Il aurait été intéressant, avec un tel sujet, de réellement dépeindre un contexte social des plus complexes. A part quelques rappels sur la situation politique du pays et le fait que le pays forçait les zones rurales à accomplir des missions spécifiques, le film ne creuse pas. Mais il reste correct, permettant à tous les âges d’apprécier ce récit humain et ponctué de réflexions sur la bêtise humaine.
Lire l'article sur Neocritics