Curieux film qui démarre comme un produit Amblin, avec cette banlieue pavillonnaire, cette famille heureuse et sa grande naïveté. Mais tout ceci est un leurre, car il s’agit bien d’un film sur la survie.
Ou plutôt, que ferait-on si on se savait condamné ?
C’est un sujet hautement délicat que de suivre une ville qui va petit à petit mourir.
Un post-apocalyptique nihiliste, où il n’y a aucun espoir, et ça, le film te le cache bien. Moi, naïvement, je me suis dit : « C’est un film américain, le père va revenir, c’est sûr. » Puis je me suis dit, vers le milieu du film : « Finalement, il va peut-être juste intervenir par radio. » Et puis, à la fin, résigné, j’ai compris que l’on ne le reverrait pas.
Et ce sentiment est précisément ce que ressentent les personnages. L’espoir les quitte petit à petit. D’abord, il y a l’espoir d’être épargné par la contamination, puis il y a l’espoir de trouver de l’aide ailleurs, puis il y a l’espoir de mourir avant ceux que l’on aime pour ne pas avoir à les enterrer.
Car oui, le film dépeint la mort comme rarement vue. Les premiers à mourir sont les plus jeunes, un ordre inversé comparé à la nature des choses, même si le film déroge à la règle en tuant la plus âgée des enfants avant le fils prodige. Une erreur de script, car le film a choisi de suivre le fils plutôt que la fille... Un des défauts du film.
Il y a aussi cette scène de faux suicide qui, dans sa mise en scène, est prodigieuse, car elle permet d’obtenir des informations au fil de la scène, pour finalement comprendre le plan. Mais elle ne sert finalement pas vraiment à quelque chose, la scène suivante étant déjà la dernière. Autre défaut notable, le film ne va pas au bout des choses. On ne verra jamais le dernier survivant, on ne verra jamais un plan de la ville sans aucune vie restante. Le film se finit avant. Quel dommage de ne pas avoir eu le courage d’aller au bout.
Il y a également le fait de ne pas montrer les personnes mourir, tout est hors champ, parfois simplement raconté en voix off. Ce n’est pas très respectueux des personnages.
Il manque aussi l’aspect visuel de la maladie.
On n’a que quelques scènes qui nous montrent la déchéance physique, mais globalement, il n’y a pas de volonté de vouloir choquer en montrant la maladie physiquement.
Ce sont tous ces petits défauts qui gâchent un film pourtant surprenant et impactant. Car il fait partie de ces rares films qui laissent vraiment un sentiment de malaise. On y repense pendant plusieurs jours, il va nous hanter à jamais, car il pourrait être vrai. Cela pourrait nous arriver, et on se met à la place des personnages. C’est impossible d’attendre la mort sans pouvoir y faire grand-chose. C’est inhumain, contre nature, d’accepter la propre mort de ses enfants.