Au fait, que signifie tirer le diable par la queue

Un charmant film signé de Broca en 1969, période Ô combien permissive …où les scénaristes et les cinéastes se lâchaient juste un petit peu !
Des aristocrates désargentés qui ne possèdent que leur château et des dettes tentent vainement d'attirer les touristes dans ce coin de campagne à l'écart de tout.
Mais la délicieuse et coquine marquise a plus d'un tour dans son sac et mène son monde avec une baguette en velours : les clients finissent par arriver…
Un play-boy (JP Marielle), un couple avec beaucoup d'enfants, une bande de jeunes, et pour finir un séduisant gangster (Y. Montand),… et on assiste à un élégant marivaudage entre certains de ces clients et les filles et petites-filles de la marquise… en tout bien tout honneur, bien entendu.
Véritable médicament contre les idées noires, les soucis, le train-train, ce film est joué par des acteurs dont on sent qu'ils ont vraiment pris un grand plaisir. L'action est trépidante, les dialogues sont enjoués, rafraichissants, légèrement libertins.
Ce qui est à la fois amusant et novateur dans ce film, c'est que c'est les femmes (M. Renaud, M. Schell, Cl Joano et M. Keller) qui mènent l'action et qui ont le pouvoir. Les hommes (Rochefort, Marielle, Montand, X. Gélin) sont leurs jouets et obéissent (avec plaisir) et passent par où veulent que les femmes passent.
Les deux petites-filles de Madeleine Renaud, l'une comtesse (Clotilde Joano), l'autre baronne (Marthe Keller) portent le film avec leurs deux personnalités opposées. La première est calme, romantique et passe ses journées au piano ; la deuxième est vive, dynamique, espiègle, sexy (disons-le). Et, comme par exprès, c'est le gangster, remuant, hâbleur, séduisant, méridional qui tombe sous le charme de la première. C'est le petit garagiste, gentil, travailleur, sérieux qui est amoureux de la seconde.
J'ai toujours beaucoup apprécié le cinéma de De Broca et en particulier le comique de son cinéma car sous le couvert d'un film d'aventures ou d'action, on trouve toujours une réflexion, sans prise de tête, sur des sujets de société. Et ici, c'est typiquement le cas.

JeanG55
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Films de Philippe de Broca et Les meilleurs films de 1969

Créée

le 2 oct. 2020

Critique lue 220 fois

JeanG55

Écrit par

Critique lue 220 fois

5

D'autres avis sur Le Diable par la queue

Le Diable par la queue

Le Diable par la queue

7

Torpenn

1062 critiques

Noblesse oblige

Un château en mal de rénovation perdu au milieu de L'Ain, les habitants essaient péniblement de s'en sortir en ouvrant leurs chambres à des clients hypothétiques, mais on dirait que c'est pas encore...

le 28 mai 2012

Le Diable par la queue

Le Diable par la queue

8

GuillaumeRoulea

162 critiques

Femmes, femmes, femmes...

Comédie de haute volée pour Philippe de Broca, qui a en commun avec Jean-Paul Rappeneau, un style d'écriture à l'américaine rythmé et enlevé. "Le Diable par la queue" reste pour moi sa meilleure...

le 17 févr. 2014

Le Diable par la queue

Le Diable par la queue

3

Val_Cancun

2671 critiques

La vie de château

Grosse déception face à cette comédie pourtant réputée, réalisée par Philippe de Broca dans sa meilleure période, et bénéficiant d'une distribution impressionnante. On sait que les codes de l'humour...

le 31 mai 2021

Du même critique

La Mort aux trousses

La Mort aux trousses

9

JeanG55

2365 critiques

La mort aux trousses

"La Mort aux trousses", c'est le film mythique, aux nombreuses scènes cultissimes. C'est le film qu'on voit à 14 ou 15 ans au cinéma ou à la télé et dont on sort très impressionné : vingt ou quarante...

le 3 nov. 2021

125 rue Montmartre

125 rue Montmartre

8

JeanG55

2365 critiques

Quel cirque !

1959 c'est l'année de "125 rue Montmartre" de Grangier mais aussi des "400 coups" du sieur Truffaut qui dégoisait tant et plus sur le cinéma à la Grangier dans les "Cahiers". En attendant, quelques...

le 13 nov. 2021

Le Désert des Tartares

Le Désert des Tartares

9

JeanG55

2365 critiques

La vanité de l'attente de l'orage

C'est vers l'âge de vingt ans que j'ai lu ce livre. Pas par hasard, je me souviens très bien qu'un copain me l'avait recommandé. J'avais bien aimé. Cependant, je n'ai jamais éprouvé le besoin de le...

le 7 avr. 2023