Ce mélo des familles s'ouvre sur le drame poignant du décès accidentel d'une jeune maman et épouse du banquier Mitry. Comme un malheur n'arrive jamais seul, c'est parti pour un récit romanesque et sentimental volontiers tire-larmes. Et, à cette époque, quand il y a du larmoyant, Gaby Morlay n'est pas loin.
En tête de générique, l'actrice, dans son emploi de préceptrice et gouvernante, est discrète tout au long du film. On pourrait même croire -je ne connais pas le roman de Jean Aicard- que son rôle plutôt subalterne est réévalué, pour lui faire de la place, un peu facilement par le scénario.
Les personnages centraux sont le père (Charles Vanel) et sa fille, laquelle est jouée par une gamine du nom d'Hélène Carletti puis par (sa soeur?) l'encore adolescente Louise Carletti. L'amour filial est le cœur du sujet.
Si Vanel, à de rares moments, parvient à faire passer une émotion vraie, la faiblesse du film provient du style et de l'approche de la mise en scène de Jean Delannoy. Celui-ci simplifie à l'extrême la psychologie pour ne restituer que les incidences (mélo)dramatiques et les sentiments dans ce qu'ils ont de plus évident et élémentaire. C'est nécessairement au détriment des personnages.