Un soir, dans un restaurant romain, Ettore Scola flâne entre les tables des clients, s'attardant avec les uns, captant des bribes de conversations chez les autres, s'immisçant parfois dans les cuisines. Le différend entre une mère et sa fille, la relation entre un prof de philo et son élève, les interventions d'un vieil habitué des lieux (Vittorio Gassman, dans son avant-dernier film) sont quelques éléments épars d'un scénario dont on ne voit pas très bien quel enseignement il recouvre. Mais le ton est léger et même ressuscite parfois l'esprit d'une certaine comédie de moeurs à l'italienne.
De ces bouts d'histoires personnelles, interrompues et reprises au gré de la réalisation de Scola, commencent à pointer une impression, un sentiment de désenchantement. C'est peut-être l'idée que poursuit le film de montrer des figures, pour la plupart vieillissantes et un peu usées, dont les conversations ou les confidences reflètent les échecs ou les regrets, les difficultés à surmonter les choses de la vie et, plus loin, la perte de l'émerveillement.
Moins original que "Le bal", où Scola, tout en musique, racontait déjà des fragments d'histoires, "Le dîner" apparait comme un film attachant mais mineur dans l'oeuvre du cinéaste.