On connaît tous ce film. On le connaît tellement qu'on pourrait réciter les répliques en dormant. Mais en le revoyant, j'ai eu une réflexion qui m'a sauté aux yeux : on se trompe de cible depuis le début.
François Pignon, le "con" de service ? Laissez-moi rire.
Le vrai "con", c'est Brochant. C'est l'homme qui se croit plus intelligent que la moyenne, celui qui pense que le monde est un terrain de jeu où il peut manipuler les autres pour se divertir. C'est cette supériorité mal placée qui est le vrai moteur du film.
Le film de Veber, ce n'est pas une comédie sur un imbécile, c'est une autopsie de l'arrogance. Pignon, dans sa maladresse, il est vrai. Il est humain. Il est agaçant, oui, mais il est sincère. Brochant, lui, c'est le vide incarné. Il organise son dîner, il méprise, il calcule, et à la fin, c'est lui qui est tout seul, c'est lui qui perd tout.
Ce qui est génial avec ce film, c'est qu'il nous tend un miroir. On a tous croisé des "Brochant" dans nos vies : ces personnes qui méprisent les autres parce qu'ils se pensent un cran au-dessus. Et on a tous, à un moment ou un autre, été le Pignon de quelqu'un.
On croit regarder une comédie pour rigoler, mais au fond, c'est une claque. La leçon est simple : plus tu te crois intelligent, plus tu es prêt à te prendre les pieds dans le tapis.
C'est pour ça que ce film ne vieillira jamais. Parce qu'il nous rappelle que l'intelligence, c'est surtout savoir rester humble. Si tu te crois le plus malin, tu es déjà l'invité principal du dîner.