Je découvre avec ce film la cantatrice hongroise, et actrice de fortune, Gitta Alpar, blonde platine et sourire éclatant, pour qui le film est manifestement conçu. Elle chante souvent, pour le plaisir des amateurs d'opéra, tandis que ceux qui ne le sont pas trouveront que ces intermèdes musicaux empiètent trop largement sur une intrigue déjà bien simpliste.
Ça commence comme une comédie sentimentale, avec la rencontre entre une chanteuse lyrique et un officier du contre-espionnage anglais (Jules Berry). Ça se passe à Londres mais c'est indifférent parce que c'est complètement francisé. Avec ce sujet et la mise en scène de Richard Pottier, espionnage rime avec enfantillage. L'intrigue est tout en candeur et premier degré. Il faut voir avec quelle légèreté Jules Berry dévoile sa fonction à sa nouvelle amie. Mieux encore : son distingué collègue Pierre Larquey compose un contre-espion tellement improbable qu'il est à mourir de rire !
Cet amateurisme dans un genre qui nécessite de la rigueur rend ce divertissement finalement assez sympathique.