"Librement inspiré de la « Tuerie de Belhade », qui a eu lieu dans les Landes en 1985, où des meurtres ont été commis dans un relais de chasse, qui aurait servi de repère pour des activités de proxénétisme. L’affaire est empreinte de complexité tant les témoignages diffèrent et que les motivations des assassins soient encore inexplicables. Giovanni Aloi nous transporte à Saint-Nazaire pour nous livrer sa version de l’histoire."
"Tout comme dans La Troisième guerre, le cinéaste italien évoque la dissociation entre son protagoniste et la réalité. Dans Le Domaine, elle passe essentiellement par la voix off de Damien, qui traverse le récit. Incapable de faire ses propres choix, ni de penser par lui-même, le jeune étudiant se laisse embrigader malgré lui dans un jeu dans lequel il ne ressort jamais gagnant. Ce dernier se parle comme pour se repentir, mais sa culpabilité est-elle véritablement le sujet de l’histoire ? Ne serait-il pas une victime de plus, à qui l’on a confié un fusil chargé à des fins dissuasif ? Toutes ces dissonances offrent une belle lecture du personnage sur le papier. Aloi a beaucoup de choses à raconter sur la trajectoire de son personnage, mais cela transparait péniblement à l’écran, noyé dans des effets de styles. Elles font leur effet le temps de l’exposition, mais leur redondance révèle toute l’artificialité du dispositif."
"Au-delà du fait divers qui l’a inspiré, Le Domaine raconte l’ascension chaotique d’un jeune homme qui a rêvé trop tard de sa liberté et de ses désirs. L’idée est séduisante, mais le problème majeur réside dans le fait que tout le dispositif narratif en voix off rend son personnage errant imperméable émotionnellement. Nous ne faisons que surnager dans sa conscience, malgré un décalage permanent entre ses mots et son attitude passive. Parler de la fin de l’innocence à travers les codes du film noir est toujours stimulant, mais c’est malheureusement de la lassitude qui se dégage de cette œuvre chimérique et confuse."
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