C'est plus une comédie qu'un western, tournée pour la télévision avec KirK Douglas, âgé de 68 ans et James Coburn qui en a 56, deux stars qui arrivent à des âges où on perd de la notoriété. Ils sont magnifiques !
L'ambiance generale est celle d'un telefilm cheap (format, decors, seconds rôles) mais quel plaisir de voir Douglas montrer sa verdeur unique et l'humour avec lequel il assume le rôle de Handsome Harry, un gunslinger assagi qui aime épater les enfants, est capable de séduire une belle actrice de passage et qui s'émerveille d'entendre du Shakespeare sans y comprendre goutte.
Toute une petite ville qui a peur de lui veut en finir, le lyncher mais elle n'ose l'affronter.
Aussi elle s'en remet à Sam Starlett, un ancien sherif et une très fine gachette, qui est devenu alcoolique au dernier degré. Comme il est résident d'une autre ville, Starlett est d'abord kidnappé (ivre mort) par un deputy louche, lequel est l'adjoint du sherif (incompétent) de la ville vindicative envers Handsome Harry, puis il est embauché pour ce contrat (à prix d'or).
James Coburn est grandiose et ses scènes d'ivresse et de ruse pour dénicher de quoi boire sont parmi les plus réussies des séquences de ce genre vues au cinema.
Son visage, qui n'est d'habitude valorisé que pour un cynisme flegmatique, nous présente ici de si subtiles variations de désir, de colère, de surprise, de gaité, de perplexité et d'ironie qu'il en devient même d'une grande beauté.
Les deux vont devenir des compères et, avec la belle de passage, ils vont tromper la ville, son juge, son maire, le deputy et la foule toute entière, avec un gunfight final apparemment classique mais dont l'emprunt au théâtre vivant s'avère régénérateur.
(Notule de 2020 publiée en Août 2025)
Remarque du jour :
Il y a peu de critiques sur SC, peut-être parce que c'est un téléfilm. Mais Calysta a eu la bonne idée de l'éditer.