Alors que l'on retrouvera régulièrement et sous différentes formes la guerre dans le cinéma de Kurosawa, Le Duel Silencieux évoque un médecin qui, en soignant un soldat blessé par balle, va contracter la maladie de la syphilis.


Kurosawa signe là un film assez puissant, complexe et intrigant, où il est question de la maladie mais surtout de la souffrance, celle que l'on garde pour soit et qui change une vie. Une certaine ambiguïté plane tout le long du récit, permettant à l'oeuvre de rester prenante de bout en bout, tandis que le cinéaste japonais démontre à nouveau un véritable savoir-faire derrière la caméra, sachant capter avec grand brio l'essence, les dilemmes et l'émotion du protagoniste.


Comme souvent Kurosawa fait preuve d'un réel humanisme, évoquant ici les mœurs d'une époque et société ainsi qu'une certaine vision de la pureté et son importance, et ce avec intelligence et finesse. Il retranscrit à merveille le principal dilemme du protagoniste, à savoir vivre heureux avec la femme qu'il aime alors que son corps est souillé. On se prend d'affection pour ce personnage tandis que la construction du récit est remarquable, tout comme la montée en puissance parfaite jusqu'à une dernière partie tout en émotion.


Dramatique et intense Le Duel silencieux ne tombe jamais dans l'excès ou la mièvrerie et se révèle beau et triste à la fois, tandis que les légères maladresses dont fait encore preuve Kurosawa ne sont jamais préjudiciables à l'immersion au plus près du protagoniste. La photographie en noir et blanc est vraiment belle, tout comme de nombreux plans du cinéaste japonais rendant plusieurs séquences réellement mémorables. Devant la caméra, Toshirô Mifune est immense, sachant rendre ses tourments vrais et émotionnellement forts, tandis qu'il apporte une véritable sensibilité à l'ensemble.


Akira Kurosawa signe avec Le Duel Silencieux une oeuvre puissante et complexe, où il est question d'un duel face à soi-même qu'il évoque avec intelligence, émotion, humanisme et sensibilité, tout en étant portée par un immense Toshirô Mifune.

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le 5 mars 2017

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Docteur_Jivago

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