Tony Scott revisite le thème de la relation parasociale toxique, déjà magistralement traité dans "La Valse des pantins" de Scorsese, mais avec une approche nettement plus frontale et moins subtile. Robert De Niro incarne Gil Renard, vendeur raté et supporter fanatique de baseball dont l'existence bascule progressivement dans la psychose à mesure que sa vie personnelle et professionnelle s'effondre.
De Niro cabotine goulument avec ses mimiques habituelles, rappelant notamment son Travis Bickle, également pour son personnage oscillant entre pathétique et menaçant. Le reste de la distribution, notamment Wesley Snipes en star du baseball tourmentée et Benicio Del Toro (entre autres), apporte la vitrine et la crédibilité nécessaire à ce thriller psychologique. Le film interroge avec pertinence le rapport malsain entre idole sportive et admirateur, questionnant la responsabilité mutuelle dans cette relation déséquilibrée.
Visuellement, Scott impose sa patte habituelle avec des montages nerveux, des ralentis stylisés et une photographie saturée qui peuvent parfois sembler excessifs. Cette mise en scène très "clip" années 90, caractéristique du réalisateur, fonctionne inégalement : tantôt elle renforce l'aspect fiévreux du récit, tantôt elle étouffe les moments qui auraient mérité plus de sobriété.
"Le Fan" a un goût de déja vu, ne révolutionne pas le genre du thriller obsessionnel et manque parfois de finesse psychologique, certes. Reste qu'il offre un divertissement solide porté par son casting et une réflexion bienvenue sur la culture du fandom sportif.