Massacré de toutes parts, j'étais quand même pas mal intrigué par ce projet signé Rachid Bouchareb, le bonhomme ayant eu l'occasion de prouver son talent depuis maintenant pas mal d'années. D'ailleurs, sur le principe, je le trouve même plutôt sympa : renouer avec l'esprit « buddy movie » des 80's-90's, Omar Sy semblant, à ce titre, la tête d'affiche idéale pour mener le projet à bien. Et il est vraiment excellent dans ce registre qu'il maîtrise parfaitement, savant mélange de décontraction absolue et de dynamisme constant. Son duo avec Luis Guzmán fonctionne plutôt pas mal, bien dans la logique des titres auxquels la production souhaite faire référence.
Seulement, « Le Flic de Belleville », ce n'est que ça... À part offrir des décors sympas, des vannes et quelques scènes d'action vaguement correctes, on est à la limite du film de vacances tant tout est régulièrement pris à la légère. Le scénario, partant sur des bases classiques mais solide, devient vite sans grand intérêt, où l'on se contente du minimum syndical (et encore, si pas trop regardant sur les nombreuses incohérences) pour avancer, le caractère changeant de certains personnages et le peu d'intérêt porté aux antagonistes renforçant cette impression, Bouchareb semblant souvent plus préoccupé par la relation amusante mais très caricaturale qu'entretiennent le héros et sa mère (Biyouna, en plein « one woman show »), où l'on ne nous explique d'ailleurs jamais comment une femme maghrébine peut être la maman d'un enfant noir... C'est peu, à l'image d'un dénouement très... décontracté.
Je mentirais en écrivant que je me suis ennuyé, l'acteur d' « Intouchables » faisant clairement ce qu'il faut dans ce sens. Mais de la part du réalisateur d' « Indigènes » et des références citées, on était en droit d'attendre (beaucoup) mieux.